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Sainte-Marie-aux-Mines / 25 ans de l'ASEPAM

De la cire aux cirés


Patrick Clerc a présenté mille ans d'histoire des mines.

L'ASEPAM a soufflé ses 25 bougies le week-end dernier en proposant une exposition, des conférences et des visites de mines, qui toutes ont connu le succès. Entre la cire et les cirés des invités.

Les festivités des 25 ans de l'association spéléologique pour l'étude et la protection des anciennes mines (ASEPAM) ont commencé samedi matin au foyer du théâtre municipal de Sainte-Marie-aux-Mines par une conférence de Pierre Fluck, qui a retracé l'histoire de l'association née en juillet 1981.
 En introduction, il précisa qu'elle était au grand tournant de l'histoire des mines sainte-mariennes, à la charnière des années 70/80, où il y eut une prise de conscience de la fragilité du milieu souterrain, qui est un fantastique laboratoire d'archéologie. Il rendit ensuite un rapide hommage à Françoise Lehmann.
 L'association devint rapidement un centre de recherche de haut niveau, plusieurs équipes universitaires s'appuyant sur les travaux de l'ASEPAM pour leurs recherches. C'est ainsi que naquit ce qui est désormais connu sous le nom d'école sainte-marienne, qui consiste en un constant va-et-vient entre les archives et le terrain.
 Dès les premières années de son existence, l'association eut de nombreuses activités. En 1986, elle acheta la maison de la rue Weisgerber, où elle est encore actuellement, et qui abrite depuis cette date le siège de la fédération du patrimoine minier, fondée cette même année.
 Cette époque marque également l'orientation vers le tourisme culturel. Deux ans plus tard, la mine Saint-Louis recevait ses premiers visiteurs. Mais l'ASEPAM n'a jamais visé le tourisme de masse car, selon Pierre Fluck, « la mine Saint-Louis, ça se mérite ». Il explique cette boutade par la marche d'approche nécessaire avant la visite. Malgré tout, la mine a accueilli environ 130 000 visiteurs depuis ses débuts.
 De cette période, on retiendra également les importantes opérations de fouilles archéologiques dans le vallon de Fertrupt et dans le Val de Villé, à Lalaye plus précisément (fouille du puits Mathis, ensemble exceptionnel qui comporte encore en place tout son boisage et ses pompes).
 Après quelques années un peu plus difficiles, un renouveau s'annonce, avec notamment la reprise de grands chantiers de fouilles, orientés vers la période moyenne-âgeuse. Cette année a également été marquée par la découverte, à Fertrupt, d'une très belle collection de carreaux de poêles, qui est sans conteste la plus belle jamais découverte sur un site sainte-marien.

En attendant l'ouverture
du parc Tellure

 Après cette conférence, l'exposition de la grande salle du théâtre fut officiellement inaugurée. Le président Jean-François Bouvier souligna que l'an prochain risque d'apporter des changements, avec l'arrivée sur le marché de Tellure. Il souhaite que ce parc fonctionne bien, mais regrette que le comité scientifique (dont font partie plusieurs membres de l'ASEPAM) n'ait pas été plus consulté.
 Jean-Luc Fréchard, président de la communauté de communes du Val d'Argent, rendit d'abord hommage à François Lehmann et Alfred Fischer, « qui ont su faire partager l'attrait du monde souterrain ». Quant à Tellure, il s'agit d'une exposition-spectacle, qui montrera les différents métiers de la mine pour continuer sur la visite du monde souterrain. Et, précisa-t-il, « il s'agit de financements publics et si l'on interfère, il y aura des coûts supplémentaires ». Dernier intervenant, le conseiller général Christian Chaton résuma : « c'est une belle aventure, menée par une belle équipe ». Il regretta aussi que les modalités du mariage ASEPAM/Tellure soient floues et que le comité scientifique ne se soit pas réuni plus souvent.

1000 ans d'histoire
des mines avec Patrick Clerc

 L'après-midi, une autre conférence, donnée par Patrick Clerc, retraça 1000 ans d'histoire des mines. « Sainte-Marie-aux-Mines est un site exceptionnel, c'est un terrain d'expérimentation de plus de 1000 ans d'évolution des techniques minières », dit-il en introduction. Car Sainte-Marie-aux-Mines présente une grande concentration de gisements miniers, répartis sur trois grands secteurs : le versant lorrain, l'Altenberg et le Neuenberg.
 Les premières traces d'exploitation révélées par l'archéologie remontent aux environs de l'an 950 et la dernière mine a fermé en 1940. Il présenta ensuite cette longue tranche d'histoire.
 L'archéologie a beaucoup étudié la seconde moitié de la période, et surtout le 16e siècle. Mais, même sur ces périodes, il reste beaucoup de travail à accomplir. Par contre, les scientifiques ne connaissent pas bien le Moyen-Age. Les sondage effectués dernièrement ont révélé un grand nombre de travaux médiévaux, dont de nombreux puits sur les affleurements du filon (pingen). Mais il y a également des galeries d'une typologie différentes de celle de la Renaissance, et même plusieurs formes de galeries, sans qu'on puisse les dater avec précision.
 Il en va tout autrement de la période Renaissance, où les archives sont abondantes, tant en textes qu'en iconographie. Des fouilles ont également eu lieu, qui ont permis de comprendre les techniques d'exploitations, même s'il reste encore des zones d'ombre.
 Le 18e est marqué par l'utilisation de la poudre pour creuser les galeries. Là aussi, de nombreuses questions restent sans réponse. Il en est de même pour la période moderne. Comme on peut le constater, les chercheurs ont encore de belles années de travail qui les attendent.
 La journée de dimanche était marquée par des visites de mine. Le matin, ce sont environ 50 personnes qui ont parcouru les galeries de la Saint-Louis. L'après-midi, ce fut au tour des galeries de la Gabe-Gottes de recevoir plus de 200 visiteurs. Un chiffre très approximatif, car devant l'affluence, les responsables ont arrêté les comptages précis.

D.V.

Jusqu'au 19 octobre. L'exposition de l'ASEPAM est désormais visible jusqu'au 7 octobre à la Maison de Pays de Sainte-Marie-aux-Mines ; elle déménagera enfin à la médiathèque de Sainte-Croix-aux-Mines, du 10 au 19 octobre. Entrée libre.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 26 Septembre 2006. - Tous droits de reproduction réservés