
Pour son vingt-cinquième anniversaire, l'association spéléologique pour l'étude et la protection des anciennes mines (ASEPAM) est à un tournant de son histoire. Sans noircir le tableau, les membres de l'ASEPAM qui se réuniront en assemblée générale ce samedi ont de quoi nourrir quelques craintes pour leur avenir. Depuis 1981, l'association s'évertue à valoriser le patrimoine minier du Val d'Argent au travers des visites des mines Saint-Louis et Gabe Gottes et la mise en place des chantiers de jeunes bénévoles. Mais le parc Tellure, soutenu et financé par la communauté de communes du Val d'Argent, qui doit être le moteur de l'économie touristique, n'est pas sans poser bon nombre de questions à l'ASEPAM. Questions qui sont pour l'instant restées sans véritables réponses.
«Nous n'avons pas le sentiment d'être considérés comme un véritable partenaire»
Comme l'indique Roger Zenner, membre du comité de l'ASEPAM : « Avec l'ouverture annoncée en 2007 du parc Tellure, nous avons rencontré le directeur du site Dominique Vairon et le président de la communauté de communes Jean-Luc Fréchard pour voir comment nous pouvions collaborer en bonne intelligence avec les compétences qui sont les nôtres. Lors de notre entretien, nous n'avons pas eu le sentiment d'être considérés comme un véritable partenaire. Ils se sont voulus rassurants sur les doutes que nous avons sur la pérennité de notre activité. Mais il ne nous ont pas convaincus. Aussi, nous nous sentons le devoir d'assurer encore une saison de visites des mines de Saint-Louis et de Gabe Gottes pour faire la transition avec le parc Tellure. Ensuite, nous estimons avoir fait notre boulot. On réfléchit donc à d'autres pistes. Mais la question délicate qui se pose actuellement à l'association est de savoir si l'on doit garder ou non le dernier salarié qui nous reste... »
Comment assurer la gestion et l'entretien du centre minier ?
Autre problème : comment assurer la gestion et l'entretien du
centre minier ? Ceci d'autant que l'ASEPAM souffre du même mal que la plupart des
associations : le manque de relève. Une quarantaine de bénévoles font
partie de l'association. Et si, depuis 1988, l'ASEPAM a fait visiter la mine Saint-Louis à
130 000 personnes, la fréquentation en 2005 s'écroule avec 8 156
visiteurs sur les deux sites, soit une baisse de 14 % par rapport à l'année
précédente. « C'est une chute d'autant plus significative que nous avions
déjà enregistré une décrue identique l'année précédente », constate Roger
Zenner.
En attendant de trouver des solutions, l'ASEPAM entend se repositionner pour proposer
d'autres activités. « Nous développerons des sorties plus sportives avec
des thématiques plus approfondies », envisage Roger Zenner.
De
nouvelles idées qui devraient soutenir et perpétuer le succès des visites
nocturnes et des « Ombre et lumière », la lecture à titre exceptionnel
d'extraits du livre « Voyage au centre de la terre » dans le cadre de
l'année Jules Verne et l'implication au projet « le ventre de la
terre ».
L'ASEPAM a aussi prévu
de fêter son 25e anniversaire le 23 septembre. L'anniversaire coïncide
d'ailleurs avec les vingt ans de la fédération du patrimoine minier et ceux des
chantiers des jeunes bénévoles.« A cette occasion, nous comptons sur la
présence du maximum d'acteurs de l'association. Des conférences et des
expositions photos permettront de sensibiliser la population de la vallée à nos
activités. »
En partenariat avec le Fond Régional d'Art
Contemporain d'Alsace, l'ASEPAM envisage
l'intervention d'artistes dans les mines (lire aussi en encadré). « Nous
avions déjà entamé ce travail il y a quelques années avec d'autres partenaires.
Mais ils s'étaient désistés au dernier moment sans
explication. »
Enfin l'ASEPAM
continue ses chantiers des jeunes bénévoles. Le prochain se déroulera du 30
juillet au 13 août. « C'est une petite chance de pouvoir remotiver les
jeunes et d'intéresser à nouveau la communauté scientifique avec une période qui
a été peu étudiée : le Moyen Age. » Les mines d'argent révéleront
peut-être encore d'autres secrets...