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Sainte-Marie-aux-Mines / Portrait

Martine, la copine des mines


Martine, la mine sans spleen. (Photo DNA)

En six ans, Martine Kilcher a guidé des milliers de visiteurs sous terre, se retrouvant dans quantité d'albums photos de part le monde. Petite séquence de souvenirs, avant qu'elle ne pose définitivement son casque...

« C'est vraiment un job multifonctions : cela va de la maintenance à la logistique en passant par l'accueil, le guidage, l'administratif : c'est un travail très varié, on ne s'y ennuie jamais ». Martine Kilcher va raccrocher à la fin du mois, après six ans passés en tant que salariée de l'ASEPAM : non par ras-le-bol, mais pour retrouver ses premières amours : les animaux et l'environnement, toujours dans la vallée.
 «Agent de valorisation du patrimoine minier», voilà pour l'intitulé exact du job déniché à l'ANPE : la demoiselle venait de passer son BTS de gestion et protection de la nature, option animation, dans un lycée agricole de Périgueux. La voilà rentrée dans son village natal de Muttersholtz, raccrochant le cordon ombilical.
 A Sainte-Marie-aux-Mines, elle plonge rapidement dans les entrailles de la terre, grâce à une formation sur le tas avec les bénévoles de l'association ou la responsable d'animation, tout en potassant les bouquins spécialisés.
 « On passe le plus de temps en guidage, mais il faut aussi organiser les visites, trouver des bénévoles ou des vacataires, prendre les réservations, par téléphone, e-mail ou sur place. Sans compter toute la promotion de l'association, avec l'envoi de mailing, ou le passage sur les sites touristiques ».
 Très vite donc, Martine prend en charge des groupes. Parfois jusqu'à trois par jour à la Gabe Gottes. Elle se débrouille en français, en allemand, en anglais, et parfois en alsacien, pour les Suisses qui aiment entendre notre dialecte. « Certains termes techniques ne sont pas faciles à trouver dans les dictionnaires, je dois parfois passer par des périphrases ».
 Les visiteurs les plus exotiques furent sans doute ces élèves ingénieurs du Burkina Faso, arrivés dans leurs plus beaux costumes-cravates, enfilant bottes et cirés... Martine se souvient aussi avec émotion de ces enfants d'Haïti, qui n'avaient jamais vu de buée sortir de leur bouche, ou ces sourds-muets regardant leur institutrice traduire en langue des signes les explications du guide, ces handicapés mentaux, aussi, qu'il fallait rassurer après une longue marche dans la neige.

Et en cas d'envie pressante,
comment les mineurs se
débrouillaient-ils ?

 « Je préfère de toute façon les groupes qui posent des questions » souligne Martine. Celle qui revient le plus : savoir comment les mineurs se débrouillaient au XVIe siècle en cas d'envie pressante... Là, en général, la guide évite d'éclater de rire et répond très sérieusement qu'aucune archive n'existant à ce sujet, il faut présenter des hypothèses. Et chacun peut bien imaginer quelques solutions, même actuelles...
 « Les gens sont surtout impressionnés par la lenteur de l'avancée du creusement et par l'étroitesse de la galerie » raconte la guide. Entre les deux mines, son coeur ne balance pas trop. « Forcément, je préfère la Saint-Louis, avec son côté crapahutage et aventure qui donne tant de charme à la visite : il y a plus de piment à se faufiler... » Bien sûr, elle a participé à toutes les innovations récentes dans les visites, « à chaque fois, c'est une nouvelle aventure, il n'y a pas de train train, il faut réfléchir à la logistique, ça fourmille dans tous les sens : ici, c'est un bazar organisé ! »
 Entre les tasses et les bougies à trimballer, le vin et le chocolat chaud à préparer, Martine avoue une sympathie pour «Ombres et lumières»: « c'est vraiment sympa pour le guide, c'est lui qui voit tout en premier : il est vraiment le premier spectateur »...
 En même temps que l'ASEPAM fête ses 25 ans, elle va donc retirer son casque de guide tout en pensant: « quand on voit à quel point ça fait plaisir aux gens, cet émerveillement lors des visites, ça met vraiment du baume au coeur ». On la reverra peut être sur les chantiers de fouille, dossiers dont elle s'est aussi occupé avec passion. « Il y a toujours un peu d'aventure là derrière, de nouveaux secrets vont être libérés de la mine, de la montagne. » Un mystère qui sans doute, l'y ramènera.

Anne Muller

Aujourd'hui. A l'occasion de son 25e anniversaire, l'association spéléologique pour l'étude et la protection des anciennes mines (ASEPAM) organise des visites guidées gratuites ce dimanche à 10 h à la mine Saint-Louis, puis à 14 h 30 à la Gabe Gottes. S'annoncer au Tél: 03 89 58 62 11. D'autre part, une exposition sur ce quart de siècle se tient toute la journée au théâtre (entrée libre). Programme complet sur www.asepam.org

© Dernières Nouvelles D'alsace, Dimanche 24 Septembre 2006. - Tous droits de reproduction réservés